Aubameyang et le Gabon : une page qui se tourne, une histoire qui reste
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Il y a des séparations qu'on n'anticipe pas. Celle-ci, on aurait dû l'éviter.
Le 2 septembre 2026, Pierre-Emerick Aubameyang a annoncé la fin de sa carrière internationale avec les Panthères du Gabon. Pas avec un discours solennel. Avec une phrase courte, pesée : "Ils m'ont humilié et sali alors que j'ai joué la CAN blessé. C'est la goutte de trop. Je préfère m'arrêter là."
Trente-sept ans. 86 sélections. 40 buts. Le meilleur buteur de l'histoire du Gabon. Et une fin qui laisse un goût amer, pas parce que quelqu'un est à blâmer, mais parce qu'on réalise ce qu'on perd vraiment.
Ce qui s'est passé
La CAN 2025 a été difficile pour le Gabon. Trois matchs de groupe, trois défaites. Dans la foulée, le gouvernement gabonais a suspendu l'équipe nationale, changé le staff technique, et écarté Aubameyang ainsi que Bruno Ecuele Manga.
Ce que peu de gens ont dit : il jouait blessé. Il a quand même mis le maillot. Et sa réaction, après l'annonce de sa mise à l'écart, a été étonnamment posée : "Les problèmes de cette équipe vont bien au-delà de ma petite personne."
Une phrase de quelqu'un qui voit plus grand que sa propre déception.
Ce qu'il a vraiment représenté
Né à Laval, Gabonais dans l'âme, Aubameyang aurait pu choisir la France. Il a choisi le Gabon. Dès 2009, à 19 ans, il enfile le maillot des Panthères et ne le lâchera plus pendant quinze ans.
86 sélections. 40 buts. Meilleur buteur de toute l'histoire du Gabon. Et meilleur buteur de toute l'histoire de la Ligue Europa avec 34 buts au compteur, un record absolu qui a effacé celui de Falcao. Il a fait parler d'un pays de 3 millions d'habitants dans les émissions sportives du monde entier.
Ce n'est pas juste un palmarès. C'est une génération entière de Gabonais qui a grandi en le regardant jouer, en croyant que leur pays pouvait compter sur la scène continentale. Ce lien-là, on ne le mesure pas en statistiques.
Et pendant ce temps, il fait des cartons
Ce qui rend cette histoire encore plus particulière : Aubameyang n'est pas en fin de course.
Depuis son arrivée au Deportivo La Coruña cet été, il enchaîne. 5 buts en 6 matchs. Titulaire à chaque rencontre. Impliqué dans presque la moitié des buts de son équipe. À 37 ans.
L'homme que le Gabon vient de perdre est en train de montrer en Espagne, semaine après semaine, qu'il avait encore du football à offrir.
Le Gabon a-t-il eu tort ?
Oui. Pas parce que le résultat de la CAN 2025 était acceptable. Il ne l'était pas. Mais écarter publiquement son meilleur joueur de tous les temps, celui qui jouait blessé pour porter le maillot, c'est une faute de gestion. Pas sportive. Humaine.
Le nouveau sélectionneur Sébastien Migné va reconstruire sans ses cadres historiques. C'est son droit. Mais la vraie question, c'est : est-ce qu'Aubameyang aurait pu rester dans l'écosystème autrement ? Pas comme joueur. Comme voix. Comme référence pour la génération qui arrive.
Didier Drogba en Côte d'Ivoire. Samuel Eto'o au Cameroun. Ces légendes ne jouent plus, mais elles transmettent. Elles construisent. Le Gabon avait cette carte à jouer. Il ne l'a pas jouée.
Un maillot, une continuité
Le maillot Azingo qu'on porte chez LMTE porte l'héritage de toute une génération. Celle d'Aubameyang en faisait partie. 86 fois le maillot des Panthères. 40 buts pour son pays. Une loyauté qui méritait mieux que cette fin.
Même si cette page se tourne, l'histoire qu'elle raconte ne s'efface pas. Et c'est exactement pour ça qu'on continue à la porter.